La Photo et le concours. Deux notions tellement attirées l’une par l’autre et pourtant antagonistes. Juger une photo, classer des photos, quel casse-tête intellectuel, artistique et moral ! Et pourtant, avec l’arrivée du numérique dans notre belle discipline, les choses se sont assouplies, la Création est devenue accessible. Matériellement bien sûr, mais aussi psychologiquement : aujourd’hui, tout le monde est « Photographe ». Alors on se lance. On shoote librement, on partage, on inspire, on s’inspire. Et les concours photo redeviennent conviviaux, plein de surprises et de bonne ambiance. Et le rôle si compliqué d’un jury devient alors un jeu de découvertes et de choix, d’aiguillages et bien sûr, de pur plaisir visuel… Partagez donc vos visions, le jeu vous le rendra mille fois.
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Lâm
Vendredi 4 juin 2010Hervé LeGoff
Vendredi 4 juin 2010A la suite de Baudelaire, les peintres du 19e siècle stigmatisaient la jeune photographie comme une image mécanique et sans âme qui ne demandait aucun talent, tout juste un savoir faire. N’entend-on pas aujourd’hui de la bouche des photographes un jugement aussi dur sur ces images prises n’importe comment, souvent avec un téléphone, aussitôt partagées sur les réseaux d’amis du web ? La photo mute et résiste, elle s’insinue et se propage comme un mal qui serait bien. A tout moment possible et partout visible, l’image atteint sa vocation première de montrer la vie, sa vie, ce qu’on aime à ceux qu’on aime et mieux encore à tous les autres. « Ma tribu, mon voisin, mon monde » : l’auteur a beau être anonyme, il reste un auteur possessif, au centre de son univers. Aussi est-ce une belle idée que celle de la FNAC de proposer un regard extérieur au circuit festif des convivialités réelles ou virtuelles et je prends comme une grande chance de rejoindre les membres de son jury de l’été 2010, prêt comme eux à m’étonner, à me laisser séduire.
Brigitte Ollier
Vendredi 4 juin 2010Même Henri Cartier-Bresson le disait, la photographie du vingt-et-unième siècle appartiendra aux amateurs. Et, de fait, les musées et les galeries, comme les éditeurs et les sites web, s’intéressent de plus en plus à ceux qui, à leur façon, parfois même à leur insu, construisent des histoires avec la photographie. Or, rien n’est plus troublant que de se retrouver devant une photo d’amateur, et c’est justement ce trouble, ce flou, qui m’intrigue, comme le coupable à démasquer dans un roman policier.
Comment faut-il regarder une image anonyme ? Où se niche l’attention quand aucune signature ne vient renforcer l’image et vous laisse, en un sens, face à l’inconnu ? Et, dès lors, quelle valeur lui accorder, autre que sentimentale ?
Pour ces raisons et d’autres (le concours est une aventure en soi), j’ai accepté de participer au concours photo de la FNAC, d’autant que le thème « Ma tribu, mon voisin, mon monde » est au cœur même de ce qui fait, depuis des siècles, la popularité du médium : la proximité.
