Archive pour septembre 2010

Le gagnant de la semaine 14 (du 06 Septembre au 12 Septembre)

Lundi 13 septembre 2010

« Moi, toit, lui, » joli titre pour un triptyque : la faute d’orthographe qui semble devoir marquer chaque correspondance SMS ou facebook n’en est finalement pas une et la proposition de Victor C. est toute dans cette élégance, allusive et poétique. Sauf le leurre d’un T-shirt, les personnages de ses trois photos ne nous montreront pas leurs yeux. Ils ne nous font pas moins partager leurs regards : concentration du lecteur en chambre qui endosse derrière son masque le rôle de « Moi », contemplation du personnage cagoulé sur son toit, enfin connivence ou plus, si affinité, des deux garçons aux lunettes noires, faux jumeaux ou vrais amis qui s’assemblent et se ressemblent. « Parce que c’était moi, parce que c’était lui », le bon Montaigne ne pouvait pas expliquer autrement l’amitié qui le liait à La Boétie. Victor C. donne sa propre version du lien tribal que préservent les initiés et c’est bien sûr ce qui fait la valeur de son récit en en noir et blanc, en trois belles images serrées dans leurs cadrages de film.
Commentaire by Hervé Le Goff

Le gagnant de la semaine 13 (du 30 Août au 05 Septembre)

Lundi 6 septembre 2010

Avec ses parasols pliés et sa terrasse déserte, la cafétéria du Centre Pompidou donne une version plutôt contrariée de ce qu’on attend de la Dolce Vita de Frédéric P. : la plage aux flaques ne connaît pas le sable et le bleu du ciel est celui des structures d’aération. Même faux horizon d’orage de l’autre côté de l’Atlantique, sur la cinquième avenue de Manhattan : une bâche de protection tendue sur un chantier d’immeuble s’offre au dessin des arbres qu’elle intègre au décor qu’arpentent des figurants figés en figurines de train électrique. L’espace vide d’un musée à Paris, à New York des passants qui ne regardent rien, le monde que Frédéric P. nous laisse entrevoir, toutes clefs confisquées, semble devoir se mériter. Au cœur de tout cela, une fête étrange rassemble dans un éclairage jeune-bleu à la fois contrasté et tamisé une tribu de voisines entre deux âges, sabbat petit-bourgeois de sorcières ménagères coiffées du même chapeau doré de clown. Si la Vie n’est pas vraiment douce en son monde, il y a un zeste de Fellini chez Frédéric.

Commentaire by Hervé Le Goff